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Le 07/03/2017

Le Va'a, c'est aussi une histoire de femme

Myriam, rameuse au CKCL depuis 2012, nous fait partager sa découverte et son amour pour le va'a.

Comment as-tu découvert ce sport encore très confidentiel ?

J'ai découvert ce sport grâce à l'aquagym. Notre coach Armando, rameur au CKCL m'avait invité à découvrir ce sport lors de la Vendée Va'a 2012.

Je m’étais dit dans un premier temps: "ça a l'air simple et cool"... Mais suite à ma première sortie d'environ 1h, je me suis rendu compte que c'était également très sportif.


Myriam Huguet
Rameuse au CKCL

J'ai commencé à ramer en V6 (pirogue 6 places), c'était totalement nouveau pour moi, car je ne connaissais pas le milieu du sport nautique. Je viens de Paris, donc le sport c'était plutôt en salle et en solo.

 

Qu'est ce qui t'attire dans cette pratique ?

J'ai été attirée par ce sport en découvrant son histoire, celle des Polynésiens qui utilisaient des pirogues doubles à voile, pour leurs expéditions, et tout ce qui en a découlé... ça m'apporte un intérêt majeur pour pratiquer du Va'a.

C'est un état d'esprit et des valeurs qui correspondent à ma vision de la vie.

Quand on rame en V6, on ne fait qu'un avec l'équipe et la pirogue. On ne rame pas pour soi mais pour l'équipe, avec les forces et les faiblesses de chacun, sinon on n'avance pas.

 

Qu'est ce qui différencie la pratique du canoë-kayak de celle de la pirogue ?

J'ai pratiqué le kayak et le canoë en vacances. La différence se fait sur deux aspects, d'une part les embarcations sont différentes, la pirogue est dotée d'un balancier qui la rend très stable et d'autre, il y a la position du corps et la rame. En pirogue nous sommes assis sur un "banc" et on alterne le côté où l'on rame sur un signal appelé le "tare". La rame est également différente.

 

Quelles sont les bénéfices de cette pratique pour le corps et l'esprit ?

Comme beaucoup de sports, le va'a a des bienfaits sur le corps et l'esprit.

Pour le corps, ça m'a permis de me tonifier, perdre du poids, travailler ma respiration et le cardio. Pour l'esprit, ce sport fait du bien car on s'éloigne de notre quotidien, on s’évade, on apprécie l'environnement naturel. C'est du temps qu'on s'autorise pour soi. Il y a aussi cette proximité avec l'océan, cette osmose entre lui et le rameur ou la rameuse. Le bénéfice et de pouvoir travailler avec sa force et pas contre elle.

Des sensations de vitesse et de glisse commune lorsque l'on rame en V6 en synchro et en harmonie, des frissons et une magie nous envahit. UN PUR BONHEUR.

 

Quel a été ton parcours dans ce sport ?

J'ai commencé en 2012 en loisir pendant 1 an. 2013 j'ai fait ma première course en équipage mixte avec le club de Fontenay lors de la Chatel Va'a. Puis j'ai continué à faire des compétitions en équipage mixte 2013/2014/2015 : les sélectifs pour les Championnats de France, les Championnats de France, Ford Boyard challenge, chatel va'a, Bellharra race V6 mixte, hoalen en oc2, etc..

 


Tu as donc été attirée très vite par la compétition ?

Oui après un an de pratique en loisir, j'avais besoin de challenges.

 

Pourquoi peu de femmes qui pratiquent le va'a ?

Il y a plus de femmes qui pratiquent ce sport en loisir et beaucoup moins en compétitions. C'est un sport assez confidentiel, même au niveau de la Fédération de Canoë Kayak. Il y a peu de femme dans les compétitions, car comme dans beaucoup d'autre sports, la préparation demande beaucoup de temps, d'énergie et d'organisation. Certains sacrifices sont à prendre en compte. Ça peut freiner certaines femmes qui ont une famille à gérer ou d'autres activités à coté. Il y a aussi la difficulté à réunir 6 femmes minimum les mêmes jours aux mêmes heures pour faire les entraînement en V6. Avoir un noyau d’entraînement de minimum 7 - 8 femmes pour participer aux courses.

 

Qu'est ce qu'on pourrait leur dire pour leur donner envie de découvrir ce nouveau sport ?

Des super beaux gosses qui rament torse nu ça donne des envies ... :)

Une fois qu'on essaie on devient vite accro ! Beaucoup de femme du stand up paddle commencent à se mettre à la pirogue pour s’entraîner, et des équipages féminins commencent à voir le jour.

 

Souhaiterais-tu ajouter autre chose ?

Oui, j'ai beaucoup appris sur moi, notamment à avoir confiance en moi. Pour moi le Va'a est synonyme de partage, respect de l'environnement, de l'océan, une bonne condition physique, l'union, l'harmonie, l'adrénaline, l’endurance, les entraînements, la rigueur, la solidarité, l'amitié et la découverte de personnes qui sont devenues des vrais amis en métropole et en Polynésie. J'ai trouvé une deuxième famille sur qui je peux vraiment compter.